C'est par cette question que je terminais mon commentaire au sujet du billet de M Theron renvoyant à l'article de la Libre de juillet 2010 où il faisait part de quelques considérations sur le métier d'agriculteur.
Que faire donc ?
Constatons d'abord que ce ne sont pas les quotas qui ont préservé le nombre d'exploitations laitières ni assuré un prix élevé. Il n'y a pas (en %) plus de cessations aujourd'hui qu'il y a 10 ans.
La réalité, c'est le maintien de prix en déconnexion du marché mondial qui a provoqué la mise en place de quotas pour diminuer la pression budgétaire (financement de l'intervention, des aides à l'écoulement sur le marché interne et des restitutions à l'exportation). L'abandon de cette déconnexion par la suppression des restitutions, la fin des aides à l'écoulement (beurre pâtissier, beurre concentré, etc ...) et la diminution progressive des niveaux déclencheurs de l'intervention (beurre et poudre...
C'est par cette question que je terminais mon commentaire au sujet du billet de M Theron renvoyant à l'article de la Libre de juillet 2010 où il faisait part de quelques considérations sur le métier d'agriculteur.
Que faire donc ?
Constatons d'abord que ce ne sont pas les quotas qui ont préservé le nombre d'exploitations laitières ni assuré un prix élevé. Il n'y a pas (en %) plus de cessations aujourd'hui qu'il y a 10 ans.
La réalité, c'est le maintien de prix en déconnexion du marché mondial qui a provoqué la mise en place de quotas pour diminuer la pression budgétaire (financement de l'intervention, des aides à l'écoulement sur le marché interne et des restitutions à l'exportation). L'abandon de cette déconnexion par la suppression des restitutions, la fin des aides à l'écoulement (beurre pâtissier, beurre concentré, etc ...) et la diminution progressive des niveaux déclencheurs de l'intervention (beurre et poudre de lai écrémé) rendaient les quotas inutiles, d'autant plus que sont venues se greffer des mesures d'ouverture des marchés. N'oubliez pas que ces mesures ont été compensées (en grande partie) par une "aide laitière" incorporée dans les DPU.
Ce prix élevé, maintenu à un niveau supérieur à celui qu'aurait librement fourni le marché, a encouragé la production, puisqu'il a permis de produire, même avec des coûts de production plus élevés. En sens inverse, ce prix élevé a découragé la demande, puisque le consommateur a été pénalisé par la hausse artificielle des prix. Conséquence évidente : le déséquilibre, qui ne peut se traduire par une hausse ou une baisse du prix (puisque celui-ci était bloqué), s'est concrétisé au niveau des quantités. La quantité offerte augmente, la quantité demandée diminue et cet écart entre offre et demande a conduit à une surproduction, que le contribuable a dû financer et les producteurs n'ont pas reçu les signaux adéquats qui auraient dû leur faire ajuster leurs coûts de production.
En fin 2003 (9 ans déjà !), un message a été donné, très clair : le régime des quotas cesserait avec la campagne 2014/2015 et le seuil d'intervention diminuerait progressivement. Certains n'ont pas voulu entendre ce message et ont continué comme par le passé. Entretemps, le monde a changé (déplacement vers les pays émergents des pôles de croissance) et une volatilité, plus importante que celle constatée historiquement pour les produits agricoles s'est invitée chez nous, conséquence de la pression exercée par la demande et des effets du climat sur l'offre. Avec, non seulement un prix du lait à la ferme difficilement prévisible, mais aussi des coûts des aliments en forte hausse. Sans compter l'énergie, ce qui a des répercussions sur les engrais.
A plusieurs reprise, j'ai rappelé que celui qui, librement, choisit de livrer son lait à un transformateur (privé ou coopérative, peu importe) qui axe sa stratégie sur les produits industriels, il doit savoir que c'est le marché mondial qui fixera la valorisation des produits issus de la transformation de son lait. Tout va dépendre du "mix produit" et de la demande des marchés en croissance. Tout producteur doit aussi savoir qu'en Belgique, la consommation par habitant de lait "blanc" et de beurre est en baisse et que c'est donc un marché d'autant plus concurrentiel qu'il est aux mains de la grande distribution.
Reste ce qui est communément appelé "circuits courts", ce qui implique transformation, et étude de marché sérieuse, dont font partie prix et structure de distribution, sans oublier la production biologique.
Vouloir grandir à n'importe quel prix ne me paraît pas une solution durable (pour reprendre un mot à la mode). Par contre, bien connaître ses coûts de production et agir où c'est possible pour optimiser son prix de revient (santé mammaire, alimentation, taux de remplacement, structure ...) me paraît une piste à privilégier en fonction du choix du marché que l'on entend approvisionner.
Pour terminer, j'ajouterais qu'il faut aussi avoir à l'esprit que le système d'aide ne sera plus aussi favorable pour les laitiers que par le passé et que l'on s'achemine vers des systèmes agricoles différents (voir mes divers billets sur ce sujet).
Espérons que ces signaux seront mieux entendus que celui relatif à la fin des quotas il y a 9 ans.
Puisque vous vous intéressez au sort des producteurs chinois, lisez cet article : www.chinadialogue.net/article/show/single/en/5138-Milk-price-war-puts-squeeze-on-China-s-dairy-farmers
Le problème vient de ce que les consommateurs chinois ne font plus confiance à la production locale en ce qui concerne sa qualité et que les transformateurs locaux (des firmes chinoises, parfois associées aux laiteries occidentales, comme Mengiu ou Yili qui se sont très fortement développés vu la demande en croissance exponentielle), face à la variation de qualité des laits produits par ces producteurs, refusent parfois de l'acheter ... En outre, vous pourrez constater que se sont développés aussi des collecteurs afin de répondre au problème de la dispersion des producteurs. Ce sont eux qui fixent le prix aux producteurs ... A cela s'ajoute aussi la concurrence internationale avec les laiteries occidentales qui vendent directement leurs produits sur le marché chinois.
Vous pouvez donc constater que même en régime dirigiste ce sont les règles du marché qui prédominent et, in fine, l'intérêt du consommateur.
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tirelipimpon
le 27 Janvier 2013 13h07
Aidez-moi à comprendre pourquoi les éleveurs chinois abandonnent la production. Le prix du marché mondial est-il occupé de priver ces éleveurs de rémunération alors que leurs concitoyens sont demandeurs?Les chinois seraient ils acheteurs de notre lait à condition qu'il soit moins cher qu'ils ne peuvent le produire eux-meme?
www.terre-net.fr/actualite-agricole/economie-social/article/1-3-milliard-de-consommateurs-accros-de-viande-et-de-produits-laitiers-202-85907.html
Enibob
le 28 Janvier 2013 13h54
Puisque vous vous intéressez au sort des producteurs chinois, lisez cet article : www.chinadialogue.net/article/show/single/en/5138-Milk-price-war-puts-squeeze-on-China-s-dairy-farmers
Le problème vient de ce que les consommateurs chinois ne font plus confiance à la production locale en ce qui concerne sa qualité et que les transformateurs locaux (des firmes chinoises, parfois associées aux laiteries occidentales, comme Mengiu ou Yili qui se sont très fortement développés vu la demande en croissance exponentielle), face à la variation de qualité des laits produits par ces producteurs, refusent parfois de l'acheter ... En outre, vous pourrez constater que se sont développés aussi des collecteurs afin de répondre au problème de la dispersion des producteurs. Ce sont eux qui fixent le prix aux producteurs ... A cela s'ajoute aussi la concurrence internationale avec les laiteries occidentales qui vendent directement leurs produits sur le marché chinois.
Vous pouvez donc constater que même en régime dirigiste ce sont les règles du marché qui prédominent et, in fine, l'intérêt du consommateur.
tirelipimpon
le 30 Janvier 2013 09h59
merci pour l'explication