Echanges autour des défis de l'agriculture
par JM Moreau, le 31 Juillet 2012 18h21
La foire de Libramont a été l'occasion de remettre sur le devant de la scène l'agriculture et certains billets autour des défis qui ont fait l'objet de conférences ont suscité des commentaires en sens divers. Quelques réflexions autour de l'aspect "production" pour compléter mes "questions aux excellences" du 24 juillet.
La vision malthusienne (Eulalie et d'autres) selon laquelle c'est la croissance démographique qui est la cause de la dégradation des conditions de l'agriculture doit être remise en perspective. Un agronome, Philippe Jouve, a montré qu'au Sahel (souvent cité lorsque l'on veut montrer que les choses vont de mal en pis), par exemple, il existe au contraire une résilience très forte des systèmes agraires dès lors que l'on investit dans l'agriculture (Philippe Jouve, Transition agraire et développement rural, Courrier de l'environnement, Inra, n° 52, septembre, 2004.). Des techniques comme les billons, le zaï (...
La foire de Libramont a été l'occasion de remettre sur le devant de la scène l'agriculture et certains billets autour des défis qui ont fait l'objet de conférences ont suscité des commentaires en sens divers. Quelques réflexions autour de l'aspect "production" pour compléter mes "questions aux excellences" du 24 juillet.
La vision malthusienne (Eulalie et d'autres) selon laquelle c'est la croissance démographique qui est la cause de la dégradation des conditions de l'agriculture doit être remise en perspective. Un agronome, Philippe Jouve, a montré qu'au Sahel (souvent cité lorsque l'on veut montrer que les choses vont de mal en pis), par exemple, il existe au contraire une résilience très forte des systèmes agraires dès lors que l'on investit dans l'agriculture (Philippe Jouve, Transition agraire et développement rural, Courrier de l'environnement, Inra, n° 52, septembre, 2004.). Des techniques comme les billons, le zaï (petites cuvettes permettant de retenir l'eau en milieu semi-aride, dans lesquelles la plante est semée), l'agroforesterie (systèmes cultural associant couvert forestier et plantations au sol), l'irrigation "goutte à goutte", la mobilisation des savoirs paysans et de la recherche agronomique la plus avancée permettent d'accroître considérablement la capacité de charge d'un territoire. Le surpeuplement est en réalité une notion relative. Il peut commencer à partir de 5 habitants au kilomètre carré en cultures sur brûlis, et ne pas exister au contraire à 1.000 habitants avec la riziculture irriguée… Il ne dépend que d'une chose : la façon dont on occupe et met en valeur la terre que l'on habite.
La plupart des agronomes s'accordent sur le fait que la Terre peut parfaitement nourrir 10 milliards d'habitants, au lieu des 7 qui la peuplent aujourd'hui. Les disponibilités alimentaires mondiales actuelles sont de 2.800 calories par personne et par jour, alors que les besoins sont de l'ordre de 2.200 calories. Le problème de la faim, ce n'est tant un problème de production, mais surtout de répartition. Ceux qui ont faim sont, en effet, souvent trop pauvres pour acheter de la nourriture, même lorsqu'elle se trouve à proximité ...
Et croire, comme certains, que le recours systématique au bio va résoudre le problème est illusoire : baisser les rendements d'un tiers et augmenter les prix d'autant, c'est précisément aller à rebours des besoins de demain … Mais, localement, pour des populations aisées, le bio est certainement une façon intéressante pour un agriculteur de se créer des débouchés ...
Et parce que personne ne produit sur place tout ce dont il a besoin, ce n'est certainement pas en réorientant les productions paysannes vers des cultures autoconsommées ou commercialisées sur place (exemple des circuits courts, socle des discours "politiquement corrects" repris par certains), que l'on résoudra le problème de la faim. La sécurité alimentaire réside à la fois dans le renforcement des capacités locales des pays du Sud et dans les échanges. Nous importons des produits tropicaux ou autres que nous ne produisons pas, les pays pauvres du Sud importent des aliments à haute valeur ajoutée que leurs classes moyennes souhaitent consommer et que notre agro-industrie produit au départ de la production primaire de nos campagnes.
De tous temps, les producteurs ont arbitré leurs productions en fonction des revenus attendus de leur travail. Et les les 5 destinations possibles des productions que l'on peut envisager sur un territoire (ce que l'on appelle les "5 F" en anglais), sont compatibles : la forêt (Forest), l'alimentation du bétail (Feed), la nourriture humaine (Food), les fibres (Fiber), les biocarburants (Fuel). Le tout, c'est de trouver un système acceptable qui permette de sécuriser les débouchés et les revenus afin d'assurer les trois piliers de la durabilité.
par Arel , le 12 Septembre 2026 11h50
Beaucoup de régions ont eu un petit répit grâce aux dernières pluies ainsi qu\'aux orages qui ont souvent déversé de bonnes quantités de pluie.
Dans l\'extrême sud-Luxembourg il n\'est tombé que
par Stechou , le 08 Septembre 2026 07h15
Qui a déjà reprogrammer son tracteur ?
Ayant des moteurs à injections électronique, un ou l\'autre m\'en on déjà parlé l\'avoir fait
Ici il y a la vanne egr et l\'augmentation du couples avec un P
par Stechou , le 06 Septembre 2026 19h45
Je me suis laissé dire qu\'il y a plusieurs entreprises agricoles qui arrêtent ? Dont un de ouffet qui arrête l\'agricole et continue le reste, un autre en faillite et un autre qui arrête également
par Arel , le 30 Août 2026 14h10
Dans notre coin, c\'est étrange les chasseurs ne voient que les chevreuils! Quand on leur parle de sangliers ils répondent qu\'ils n\'en voient jamais.
Si le sanglier valait aussi cher que le chevreuil
par Felix, le 20 Août 2026 12h48
Bonjour,avez vous des problèmes avec les commandes de boucles perdues . Commandées début juillet après deux appels á l arsia la réponse: est nous ne sommes que l intermédiaire entre vous et le
par Pfff , le 16 Août 2026 06h32
Ce matin, nous voici pris dans la fumée, une bonne cinquantaine de km nous sépare pourtant.
Courage à toutes les personnes concernées.
Que pourrions-nous faire pour soutenir les forces vives ou
le terrien
le 01 Août 2012 09h28
Bien sur qu'il est possible de nourrire 10 milliards d'habitants mais sans agriculteurs je ne sais pas comment.
Pour cela, il faudrait commencer par les rénumérer justement sinon, le défi sera impossible....
Sucellos
le 01 Août 2012 12h20
Combien de terres chez nous (et ailleurs) sont exploitées par des "gentlemen farmers" (ou selon votre vocabulaire, de "vilains investisseurs ultra-libéraux accapareurs de terres") qui ont recours à l'entreprise pour mener à bien les travaux, du semis à la récolte ? Cette production n'est-elle pas destinée à alimenter le marché ?
Alors, défi impossible ? A moins que pour vous, vous n'appeliez pas cela "agriculture"
Comme cela l'a été développé par JM Moreau sur ce site, cela pose, chez nous, tout le problème du statut du patrimoine dans le cadre des successions ...