La fin des quotas laitiers (suite et fin )

par le Pay, le 13 Décembre 2011 14h01

Une production captive et désormais ouvertement intégrée aux laiteries

Certains économistes cherchent à expliquer la révolte des producteurs de lait par le fait qu’ils ne seraient pas encore mentalement « sortis » de la période des quotas et de la stabilité des prix qu’elle permettait ; et qu’il faudra bien qu’ils s’adaptent aux signaux du marché, comme le font les producteurs de porcs depuis plusieurs décennies. Ce propos est à la fois ignorant et scandaleux. Scandaleux au regard de l’état des lieux de la concentration porcine dans la plupart des régions fortement productrices : blocage des installations, dégâts environnementaux, risques sanitaires et production de masse sans qualité, …, que l’absence de régulation de la production et des marchés a généré dans ce secteur. C’est également ignorer les caractéristiques particulières de la production laitière et de sa « mise en marc...

cricri
le 15 Décembre 2011 09h01

Analyse très intéressante!

JM Moreau
le 15 Décembre 2011 16h16

L'article n'est pas de première fraîcheur : il date de bientôt deux ans ! Et on peut constater à sa lecture que nombre de prévisions ne se sont pas concrétisées. Par exemple, le pessimisme de M Paul Bonhommeau quant à la Chine ne se vérifie pas, que du contraire. C'est notamment grâce à la demande chinoise que les prix du lait ont pu se maintenir aux niveaux actuels. Les prix obtenus par Fonterra lors de ses dernières enchères se sont redressés. L'effet de cette demande, complétée par celle de la Russie pour d'autres produits, se traduit d'ailleurs par une forte tension sur le beurre, notamment en Norvège, les fabrications fromages, lactosérum et poudres s'avérant particulièrement profitables. Autre exemple, les restructurations en Allemagne, à l'opposé de ce que le juriste de Confédération paysanne présentait. Enfin, cet article ignore totalement l'évolution, déjà perceptible à l'époque, en ce qui concerne le marché des ingrédients issus du lactosérum et ses conséquences en ce qui concerne les restructurations en cours ou les créations de « joint ventures » dans les Etats dont les coopératives parient sur l'avenir plutôt que sur un modèle du siècle passé. Enfin, il passe sous silence les milliers d'emplois que l'agro-industrie, dont les coopératives, a créés dans des filières innovantes.
Confédération paysanne et les associations qui ont des approches similaires, s'arcboutent en effet sur le modèle familial, exploitation gérée par le couple d'agriculteurs, et pour le lait, se focalisent sur le « lait blanc » dont la consommation dans nos contrées est en baisse. Leur modèle ne peut se perpétuer qu'à raison de subventions importantes et d'un protectionnisme strict associé avec des prix garantis.
Les défenseurs de ce système n'ont manifestement pas compris
- que les consommateurs et les contribuables, dans leur grande majorité, ne sont pas disposés à soutenir un tel modèle, leurs priorités étant ailleurs, d'autant plus que la part des budgets consacrés à l'alimentatio

JM Moreau
le 15 Décembre 2011 16h17

Suite
Les défenseurs de ce système n'ont manifestement pas compris
- que les consommateurs et les contribuables, dans leur grande majorité, ne sont pas disposés à soutenir un tel modèle, leurs priorités étant ailleurs, d'autant plus que la part des budgets consacrés à l'alimentation diminue sans cesse et que les habitudes de consommation ont évolué.
- que la sociologie du monde fermier a évolué avec la société ainsi que cela a été rappelé dans les commentaires de billets récents.
Il est aussi remarquable que ce sont ces coopératives tant décriées qui payent le prix le plus élevé pour le lait en Europe. Ne faudrait-il pas, plutôt que de se lamenter, se poser la question suivante : pourquoi ?

Le pompier
le 15 Décembre 2011 18h05

@ mr moreau sans sucellos
Il me semble que vous nagez hors Europe et que les coopératives sont assimilés aux producteurs .
Non à la mondialisation, on y perd notre salaire et nos revenus .
Plus c'est grand et mieux on nage et tel le poisson rouge bien nourri dans le bocal ne peut mieux grossir dans une piscine ... mais il se retrouve le maître en eau trouble... avant la mort par délocalisation..............C'est ce que font les laiteries, fusionner pour devenir plus fort sur le marché, mais cela ne va pas durer, les producteurs vont plonger et ne vont plus prendre à l'hameçon ... Adieu veaux, vaches et couvées pour d'autres emplois . Mais de toute façon, ce ne sont pas les coopératives qui payent le mieux . Il existe la coopérative à une seule personne...

JM Moreau
le 15 Décembre 2011 18h46

Il y a du désastre dans l'air ! Normal pour un pompier de s'en soucier. Le Déluge et le châtiment divin ont depuis longtemps donné le ton, régulièrement relayés par les tremblements de terre, les inondations, les accidents nucléaires, et, plus près de nous, le 11 septembre 2001, le tsunami de 2004, Caterina, Fukushima, sans oublier le changement climatique que Durban a rappelé à notre bon souvenir.
La catastrophe n'est plus seulement aérienne, naturelle, écologique, elle est devenue à elle seule l'horizon de certains producteurs laitiers de nos régions ! Leur alarmisme, dénonçant l'irresponsabilité collective, nous enjoint de tenter d'éviter le pire en s'isolant du reste du monde !
Curieusement, pendant ce temps-là, d'autres progressent, innovent, investissent, se développent. Sont-ils des inconscients ? Privilégier une vision qui ne prend pas en compte la recomposition de l’organisation du travail dans le monde professionnel agricole, l'internationalisation de l'économie avec le déplacement des centres de prospérité et persister à la présenter comme rempart aux catastrophes annoncées, c’est enfermer la profession dans une image ancestrale et figée, bref une vision réductrice.
NB : les livraisons belges sur la période janvier septembre 2011 ont augmenté de 2,1% comparées à 2010 : comment l'expliquez vous ?

Le pompier
le 16 Décembre 2011 15h06

Le contexte des récoltes de bons fourrages en qualité de cette saison estivale explique l'augmentation des livraisons laitières belges et malheureusement encore ces volumes élevés influencent à la baisse le prix de base payé par les laiteries. et on ne tient pas compte des autres coûts de production en hausse démesurée. Comment éteindre ce feu ?

JM Moreau
le 16 Décembre 2011 17h38

Sur la même période, on a enregistré
Irlande : plus 8,5%
France : plus 5,9%
Autriche : plus 4,0%
Allemagne : plus 2,4%
Pays-Bas : moins 0,1%
Danemark : moins 1,4%
Plus que le volume des livraisons, c'est le prix des produits issus de la transformation.
Je place un billet avec un graphique intéressant qui aidera à comprendre ...

le Pay
le 17 Décembre 2011 11h31

Je me souviens de mes voeux de l'année passée pour vous Mr Moreau, il se sont justifié tout au long de cette année.
Vous parler de prévisons froides, nous on vous parle de concret de réalité d'injustice de désespoir, mais vous n'en avez cure. c'est triste de détester le monde paysan à ce point...

JM Moreau
le 17 Décembre 2011 20h33

Je vous ferai remarquer que les chiffres donnés ne sont pas des prévisions, mais des chiffres officiels, concrets. Quant aux prévisions, si elle ne vous plaisent pas, je regrette beaucoup. Celles que l'on entend quant à la croissance belge des prochains mois ne me plaisent pas. Le gouverneur de la BNB déteste-t-il donc tous les belges pour autant ?
Je me refuse de pleurer avec tous les caliméros et d'intervenir en écrivant ce qu'ils souhaitent entendre, c'est à dire que le monde est contre eux, que tous est de la faute des multinationales, des politiciens incapables et corrompus. Je vous laisse ce soin. Je n'ai personnellement pas besoin d'être élu et donc je n'ai pas à caresser qui que ce soit dans le sens du poil. J'ai déjà aussi confirmé que je n'étais pas le syndicat des producteurs de lait, ni celui des éleveurs brésiliens. J'ai beaucoup de respect pour les gens qui travaillent dur et votre appréciation sur mes commentaires est totalement déplacée.
Ce n'est pas détester le monde paysan que de lui fournir des informations qui normalement devraient lui permettre de comprendre ce qui se passe. Ce n'est pas détester le monde paysan que de relever que certains ont des approches différentes qui leur assurent de meilleurs revenus. Ce n'est pas détester le monde paysan que de dire qu'il ne suffit plus, aujourd'hui, d'être un bon technicien, qu'il faut en plus être un entrepreneur gestionnaire (remarquez que je ne suis pas seul à le dire). Ce n'est pas détester le monde paysan que de constater qu'il a évolué avec la société et que ce sera de plus en plus compliqué de voir le modèle dit "familial" se perpétuer en raison de la valeur du foncier, valeur atteinte en raison des primes PAC (et ce n'est pas seulement le cas en Belgique).
Le monde paysan est pluriel : il concerne tout autant la petite exploitation de 2 ha qui tente de survivre en Afrique que le laitier qui trait 1500 vaches ou le maïsiculteur qui ensemence 4500 ha. Vous êtes un fermier, avec vos problèmes qui n

JM Moreau
le 17 Décembre 2011 20h35

Suite
Le monde paysan est pluriel : il concerne tout autant la petite exploitation de 2 ha qui tente de survivre en Afrique que le laitier qui trait 1500 vaches ou le maïsiculteur qui ensemence 4500 ha. Vous êtes un fermier, avec vos problèmes qui ne sont pas ceux des céréaliculteurs de la Beauce ou des producteurs d'huile d'olive et de vin du centre du Portugal.
Alors, de grâce, ne soyez pas réducteur ! Acceptez que le monde et les politiques agricoles décidées démocratiquement ont changé.
Et si une règle doit s'appliquer, c'est celle qui veut que si vous produisez plus cher que ce que vous vendez, soit vous changez de système de production pour en réduire les coûts, soit vous changez de système de commercialisation en essayant de trouver un ou des clients qui accepteront de vous payer ce que vous leur demandez, soit vous changez de business. Ou alors vous pleurez pour que les contribuables acceptent de vous subventionner ...
Et le rappeler, ce n'est pas détester, ni mépriser qui que ce soit !

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