Lait : propositions de la Commission

par Ir JM Moreau, le 10 Décembre 2010 10h08

Hier, la Commission a publié ses propositions législatives concernant «les relations contractuelles dans le secteur du lait». Cette proposition vise, selon le Commissaire, à renforcer la position du producteur de produits laitiers au sein de la chaîne d'approvisionnement et à préparer le secteur à un avenir davantage axé sur le marché et plus durable. M. Cioloș a déclaré : «Ces propositions découlent de notre volonté de tirer certains enseignements de la crise du marché des produits laitiers survenue l'année dernière que'. A noter que d'autres recommandations du groupe de haut niveau, institué après cette crise, seront examinées dans le cadre des discussions sur la réforme de la PAC (réponse à la volatilité et stimulation de l'innovation) et de l'élaboration du paquet «qualité» (normes de commercialisation et étiquetage de l'origine). Il s'agit, toujours selon D Ciolos, 'de changements importants qui...

amg
le 10 Décembre 2010 10h49

Et nous allons devoir être d'zaccord de faire des contrats, hors que l'on ne sait déjà pas nous dire à 3 mois comment nous serons payés et que le bénéfice ira où dans la poche des laiteries qui en feront leur douce crème fouettée Et nous creverons encore la gueule ouverte sur le temps que les laiteries elles auront dire où elles vont et ne donneront pas notre du

JM Moreau
le 10 Décembre 2010 11h13

Je recommande à tous la lecture (documents en français !) - du résumé aux citoyens : ec.europa.eu/agriculture/milk/proposal-12-2010/citizens-summary_fr.pdf  - du rapport relatif à la situation du marché laitier : ec.europa.eu/agriculture/milk/quota-report/com-2010-727_fr.pdf  Je relève 2 paragraphes de ce dernier : * 'Les quotas laitiers étant de moins en moins pertinents, l'offre de lait de l'UE peut mieux répondre aux possibilités du marché, la réaction des agriculteurs aux signaux donnés par les prix est moins faussée et il est possible de gagner en efficacité en effectuant des restructurations'. * 'En cas de grave déséquilibre, la Commission pourrait envisager comme autre instrument de stabilisation du marché et comme mesure exceptionnelle si les autres mesures disponibles dans le cadre de l'OCM unique apparaissaient insuffisantes de mettre au point un système fondé sur l'article 186 de l'OCM unique (clause applicable en cas de perturbation du marché), qui permettrait aux producteurs de lait, sur la base du volontariat, de réduire leurs livraisons en échange d'une contrepartie. L'expérience de la crise du lait montre qu'il pourrait suffire de retirer du marché 1 ou 2 % de la production laitière globale pour corriger les déséquilibres et rétablir la stabilité.' Et un § des conclusions (copie du rapport et non conclusion personnelle M le Pay, afin que les lecteurs du site appréhendent correctement l'état des lieux) : 'En conclusion, dans ces conditions, rien ne justifie une révision des décisions du bilan de santé en ce qui concerne l'augmentation progressive des quotas et la fin du régime des quotas au 1er avril 2015.' Les graphiques en fin de rapport sont très parlant : ils traduisent, mieux qu'un discours, la situation européenne du marché du lait. Une politique se définit sur base de critères macro-économiques et non micro-économiques et notre espace est le marché unique. Bonne lecture.

JM Moreau
le 10 Décembre 2010 11h18

Je recommande à tous la lecture (documents en français !) - du résumé aux citoyens : ec.europa.eu/agriculture/milk/proposal-12-2010/citizens-summary_fr.pdf  - du rapport relatif à la situation du marché laitier : ec.europa.eu/agriculture/milk/quota-report/com-2010-727_fr.pdf  Je relève 2 paragraphes de ce dernier : * 'Les quotas laitiers étant de moins en moins pertinents, l'offre de lait de l'UE peut mieux répondre aux possibilités du marché, la réaction des agriculteurs aux signaux donnés par les prix est moins faussée et il est possible de gagner en efficacité en effectuant des restructurations'. * 'En cas de grave déséquilibre, la Commission pourrait envisager comme autre instrument de stabilisation du marché et comme mesure exceptionnelle si les autres mesures disponibles dans le cadre de l'OCM unique apparaissaient insuffisantes de mettre au point un système fondé sur l'article 186 de l'OCM unique (clause applicable en cas de perturbation du marché), qui permettrait aux producteurs de lait, sur la base du volontariat, de réduire leurs livraisons en échange d'une contrepartie. L'expérience de la crise du lait montre qu'il pourrait suffire de retirer du marché 1 ou 2 % de la production laitière globale pour corriger les déséquilibres et rétablir la stabilité.' Et un § des conclusions (copie du rapport et non conclusion personnelle M le Pay, afin que les lecteurs du site appréhendent correctement l'état des lieux) : 'En conclusion, dans ces conditions, rien ne justifie une révision des décisions du bilan de santé en ce qui concerne l'augmentation progressive des quotas et la fin du régime des quotas au 1er avril 2015.' Les graphiques en fin de rapport sont très parlant : ils traduisent, mieux qu'un discours, la situation européenne du marché du lait. Une politique se définit sur base de critères macro-économiques et non micro-économiques et notre espace est le marché unique. Bonne lecture.

JM Moreau
le 10 Décembre 2010 11h22

@amg Je pense personnellement qu'il y a un maillon qui manque : quelle efficacité aura une contractualisation s?arrêtant à la première mise en marché, si elle-même ne contractualise pas avec le commerçant en prenant en compte l'amont de la production ? Dans le cadre de la transparence, cet aspect devrait figurer en premier.

007
le 10 Décembre 2010 12h10

Bravo, mr Moreau vous comprenez mieux le défi de toute la chaîne avec le premier maillon, celui du producteur qui doit gagner honorablement sa vie en fonction des coûts de production qui ne cessent d'augmenter et à partir de cela remonter la chaîne. Pour qu'équitablement se répartissent les valeurs de ce marché grandiose gérés par les multinationales qui engrangent des gains colossaux en pensant que le consommateur est aveugle de leurs manigances...

JM Moreau
le 10 Décembre 2010 14h39

Merci 007 pour votre commentaire, mais ma compréhension date de mes débuts d'analyste de ce secteur, il y a de cela quelques années, n'en déplaise à certains. Je vous ferai toutefois aimablement remarquer que plus de 60% du lait européen est collecté et transformé par des coopératives de producteurs. Il en est de même ailleurs dans le monde : USA, Nouvelle-Zélande, Brésil, Australie ... Alors, ces 'gains colossaux' comme vous dites, reviennent normalement aux membres sous forme de cash ou par le fait qu'ils permettent des investissements qui augmentent la valeur de l'outil et/ou permettent d'assurer une meilleure efficacité, tout bénéfice pour les membres. Personnellement, je pense que la captation de la valeur se passe après la transformation et non au niveau des laiteries, quelles soient des sociétés anonymes ou des coopératives. Quant au fait qu'un producteur reçoive un prix en fonction de son prix de revient, je ne connais aucun marché de quelque produit qui fonctionne de cette façon : un prix, depuis la nuit des temps, résulte de la confrontation de l'offre et de la demande. Voyez ausi mon billet rapportant l'étude ICOOPA en Bretagne. Offre abondante et demande faible : les prix baissent Offre faible et demande forte : les prix montent

zohra
le 10 Décembre 2010 22h20

Bon d'accord qu'un prix résulte de la confrontation de l'offre et de la demande... mais le producteur doit quand même recevoir un prix COUVRANT son prix de revient et dégager un bénéfice. CHIFFRE D'AFFAIRES = RECETTES-CHARGES... 1re chose qu'on apprend en compta.

tirelipimpon
le 10 Décembre 2010 23h10

Mr Moreau, croyez vous que le prix des voitures neuves est fixé par le marché de l'offre et de la demande.Croyez vous que je pourrais acheter une nouvelle faucheuse à mon concessionnaire en dessous de son prix de revient parce que c'est la crise. Je ne pense pas non plus que mon fabricant d'aliments me livre des concentrés à perte durant une saison plus calme. Nombreux sont les secteurs qui répercutent leur cout de production sur leurs clients. Hier soir, sur W9, il y avait un reportage sur les transporteurs routiers. De nouveau on parlait compétitivité, donc surcharge, excès de vitesse,abscence de période de repos et les chauffeurs se faisait verbaliser par la police, eh bien les amendes étaient répercutées sur la clientèle.

JM Moreau
le 11 Décembre 2010 14h40

@Zohra Il y a des producteurs dont le PR se situe à 25cts et d'autres à 35cts. ce sont des faits que vous ne pouvez pas le contester, ces chiffres résultent des analyses de comptabilités : interrogez l'AWE ou les autres organismes tels que CARAH ou la FWA. Si ces deux producteurs livrent à la même coopérative, faut-il payer, selon votre principe, 27,5 au premier (PR +10%) et 38,5 au deuxième (PR+10%) ? Expliquez moi comment la laiterie va faire avec 2.500 fournisseurs ayant chacun un PR différent et comment elle va réussir à vendre les produits transformés si son coût d'achat moyen dépasse celui de ses concurrents ? Si vous êtes payée 27,5 parce que votre PR est de 25, comment allez vous réagir par rapport à votre collègue qui n'a pas fait les efforts que vous avez fait et qui reçoit 38,5 pour son lait ? Je ne pense pas que les réponses sont dans les principes comptables ! @tirelipimpon En ce qui concerne votre exemple de voitures et autres, vous avez sans doute oublié Opel Anvers, Renault Vilvorde et le fait qu'à Genk, il n'y a plus que la moitié des ouvriers qui y travaillaient naguère. Motif : coûts de production trop élevés. Combien d'entreprises belges font fabriquer leurs produits en Chine parce que meilleur marché ? C'est le même principe, ne vous en déplaise.

zohra
le 11 Décembre 2010 16h18

tout à fait d'accord que la réponse n'est pas dans les principes comptables mais ce que je ne supporte pas c'est l'envolée des prix de nos intrants tout comme la volatilité du prix payé pour nos productions.

11LACOULE12
le 11 Décembre 2010 18h53

@ jm Moreaux ; Payer TOUT LE MONDE A 40 EURO c'est pas une utopie, les jeunes pourront s'installer,et les moins jeune vivre un peut avant la pension et ceux qui gagne tros bien il a RENDERS pour les écorner.

point barre
le 12 Décembre 2010 09h20

@ Mr Moreau Nous sommes dans le contexte lait : propositions La Russie et la Chine ont-elles besoin de l'or blanc liquide et frais? Non quand ils en produisent il est même parfois contaminé!!! Oui ils ont besoin de lait en poudre venant des industriels européens, comme nous en donnions parfois aux veaux pour les engraisser quand cela était rentable. On ne peut pas mêler les bons produits laitiers avec la valeur monnaie de l'argent des autres. On nous a imposé l'Euro et on devrait nourrir les autres en dollars et Yen... Notre produit de base se trouve à 42 cts minimum et si c'est pour le brader encore, alors arrêtons les frais et vivons de l'air du temps avec CANCUN...Délocalisons aussi...

C3H6N6
le 12 Décembre 2010 14h10

@ point-barre Le lait ou d'autres produits se contaminent quand certains opérateurs dans la chaine veulent faire grossir leur porte-monnaie à vitesse acceléré, au détriment de la sécurité alimentaire et au détriment de toute la production primaire qui se retrouve comme piraté. Cela pourrait arriver chez nous aussi, des pommes pourries. Tu te souviens de Verk.st?

tirelipimpon
le 12 Décembre 2010 15h40

Mr Moreau,c'est vrai que ce système ne me plait guère, je dirais meme qu'il n'est pas durable. Il y a assez de richesses sur notre planète pour nourrir tout le monde mais notre terre est encore trop petite devant la cupidité de certains.Les grosses industries ou leurs dirigeants trouvent des motifs financiers pour délocaliser, en cause la compétitivité mondiale. Et tous ces gens au chomage, qui subvient à leur besoin?Un taux élevé de chomage permet de tirer les salaires vers le bas pour ceux qui gardent leur job. On sait tous que les plus riches ont les moyens pour ne pas payer d'impots,ils ne font pas dans le social.Les états européens voient leur recettes fiscales diminuer et leurs dépenses de chomage augmenter pour pallier aux dégàts des délocalisations. Les états s'endettent tellement qu'ils sont au bord de la faillite, la banque européenne via les banques les refinance au prix fort (taux d'intérèt de 7 à 10 %) et leur gouvernement doivent prendre des mesures d'austérité envers les petites gens qui ne sont en rien responsables. Voilà pourquoi les Grecs manifestent, les Irlandais aussi, les étudiants anglais s'attaquent à la rolls-royce du prince Charles,tout un symbole, les controleurs grévistes espagnols sont passibles du tribunal militaire!. Nous allons tout droit vers une dictature européenne. La politique agricole européenne en est un bel exemple envers ses agriculteurs qu'elle esclavagise : tu d'adaptes au prix mondial ou tu crèves. Le nivellement par le bas décrété par le nouvel ordre mondial.

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