Secteur laitier canadien : un paradis blanc ?
par Ir JM Moreau, le 16 Janvier 2010 13h08
En novembre dernier, l’Institut de l’élevage, dans sa collection «Dossiers Économie de l’Élevage» a publié une étude sur le secteur laitier canadien, cité souvent en exemple, par sa stricte gestion de l’offre, pour nous sortir de la crise. Quelques aspects soulevés par l’étude sont intéressants. La politique canadienne de gestion de l’offre laitière date de 1974. Pour les producteurs, ce système a l’avantage d’assurer un prix du lait très élevé. Aux taux standards, le prix du lait payé au Canada s’est établi en 2007 et 2008 aux alentours de 0,7 US$/kg. C’est environ 40% de plus que le prix payé en France ou en Allemagne en 2008. Mais, selon les auteurs, le système présente aussi des effets pervers : en effet, la fixation du prix de soutien à un niveau visant à couvrir le coût de production médian n’encourage pas la recherche d’efficacité. Les coûts sont élevés, en partie du f...
En novembre dernier, l’Institut de l’élevage, dans sa collection «Dossiers Économie de l’Élevage» a publié une étude sur le secteur laitier canadien, cité souvent en exemple, par sa stricte gestion de l’offre, pour nous sortir de la crise. Quelques aspects soulevés par l’étude sont intéressants. La politique canadienne de gestion de l’offre laitière date de 1974. Pour les producteurs, ce système a l’avantage d’assurer un prix du lait très élevé. Aux taux standards, le prix du lait payé au Canada s’est établi en 2007 et 2008 aux alentours de 0,7 US$/kg. C’est environ 40% de plus que le prix payé en France ou en Allemagne en 2008. Mais, selon les auteurs, le système présente aussi des effets pervers : en effet, la fixation du prix de soutien à un niveau visant à couvrir le coût de production médian n’encourage pas la recherche d’efficacité. Les coûts sont élevés, en partie du fait des contraintes climatiques. La logique de ces systèmes a été poussée au bout, avec une génétique favorisant une production laitière très élevée (9.800 kg de lait par lactation contrôlée en 2008) pour limiter les places, avec une mécanisation importante. L’assurance tout risque sur le prix du lait n’a toutefois pas empêché la restructuration des fermes canadiennes. Le taux de réduction est de l’ordre de 4,5% par an, soit proche de celui que nous connaissons. Il reste aujourd’hui 13 600 fermes laitières, qui restent familiales, avec en moyenne 72 vaches et une production de 550 tonnes annuelles. Autre revers de la médaille, le capital à reprendre se fait plus lourd de génération en génération. notamment, le rachat du quota qui pèse énormément sur les comptes des exploitations. Le prix du quota (en kg de matière grasse livrable quotidiennement, ce qui correspond environ à la production d’une vache «moyenne» au Canada) a flambé jusqu’à environ l’équivalent de 21.000 euros. Cela constitue un ticket d’entrée extrêmement coûteux pour devenir producteur laitier, surtout quand il faut rajouter les terres, l’équipement, le cheptel et quand on sait que les dotations de départ aux jeunes agriculteurs sont insignifiantes. La Fédération des producteurs québécois a dès lors pris la décision de plafonner ce prix. Un autre aspect pervers est que le quota constitue un actif très rassurant pour les banques, ce qui finit par encourager un endettement croissant des producteurs laitiers. Ce système de gestion de l’offre qui empêche les transformateurs de négocier librement le prix du lait collecté présente pour eux, contrairement à ce que l’on pourrait penser, certains avantages: les coûts de transaction sont extrêmement réduits (et payés par une cotisation des éleveurs) et les coûts de collecte sont mutualisés et limités à moins de 4% du prix payé au producteur en 2008. La production de lait est pratiquement étale sur l’année. Apparemment rigide, ce système n’a pas empêché la constitution de géants de l’industrie laitière, comme SAPUTO, 12ème entreprise mondiale du secteur, ou la coopérative AGROPUR. Ces géants se sont développés à l’intérieur d’un marché très protégé, et ils investissent depuis les années 90 dans d’autres pays, comme l’Argentine ou les États-Unis. Reste qu’un accord à l’OMC sur les bases de la proposition des modalités actuellement sur la table des négociations (bloquées rappelons le) ouvrirait une brèche dans le système de gestion de l’offre laitière notamment : la protection douanière en particulier serait mise à mal et le Canada serait forcé d’ouvrir des contingents d’importation à droit nul. C’est une épée de Damoclès qui devrait limiter la spéculation sur le prix du quota. A chacun de juger si un tel système serait le 'Paradis blanc' !
par Stechou , le 20 Janvier 2026 07h36
Sur facture, chaque fois que je vais chercher quelque chose chez se marchand de machines, il indique sur la facture ; petit fourniture et frais administratif, sur la même facture j\'y ai été 4 fois
par Benoît GEORGES, le 16 Janvier 2026 19h09

Cinq thèmes seront abordés en 2026 par le Centre provincial de l’agriculture et de la ruralité (CPAR) du Brabant wallon : l\'élevage, l\'informatique, les cultures innovantes, l\'environnement et l
par Jacques Martin , le 12 Janvier 2026 21h10
Petite question peut-être idiote ou alors j\'ai loupé un truc ?
Sur peppol ( mode light ), je pensais que j\'allais pouvoir faire le paiement de mes factures sur qqs clics.
En réalité c\'est juste l
par Stechou , le 12 Janvier 2026 09h18
Comment c\'est pays d\'Amérique latin vont-ils pouvoir acheter des véhicules allemands, alors qu\'ils n\'ont déjà pas les moyens de vivres décemment ? Pour la plupart des habitants ??
Pour vendre du
par Benoît GEORGES, le 10 Janvier 2026 17h16
walakis.be/fr/evenements
- 12/01/26 (10h) à Wanze (Ferme Bio du Val Notre Dame) : Atelier \"Semences et adventices, autonomie et résilience en question\" organisé par le Groupement d’agriculteurs
par Stechou , le 04 Janvier 2026 18h58
Y en a t-il partis qui achète des produits ou sous produits pour les laitières ?
Hormis du soya et des minéraux je ne prends plus rien d\'autre.
Je viens d\'essayer après plus de 25 ans sans ... de
le wallon
le 16 Janvier 2010 14h50
Le système Canadien ne vera jamais le jour en europe !!!! Souvenez vous dans les années 90 avant l'instauration de la bourse, certaines exploitations se sont lourdement endettées pour acheter des quotas à plus de 40 bef .C'était ridicule et un non sens, payer pour pouvoir vivre .
trayeur
le 17 Janvier 2010 09h06
excellente analyse d'un pays souvent pris en exemple!
Jean Pierre
le 18 Janvier 2010 00h35
Avant d'essayer de transposer ce système en Europe, il faut bien réfléchir : - par habitant, le quota canadien est 25% moins élevé que le quota européen, pour un pays dans lequel la consommation de lait fait pourtant partie des habitudes culturelles - Au nord, les glaces, A l'ouest et à l'est, l'océan. Le Canada n'a qu'une frontière à protéger, celle du sud. Et essayez une fois de la franchir... - les conditions de production sont beaucoup plus homogènes dans ce pays qu'en Europe. Et les zones plus difficiles se contentent d'approvisionner leurs marchés locaux. - la densité de population est plus faible qu'en Europe, les distances limitent la compétition entre régions. - Quand le prix est bon, on achète plus cher. En trente ans, le coût des facteurs de production a explosé (quota et terres). Par contre, il y a des leçons à en retirer en ce qui concerne: - l'implication commerciale des producteurs dans la mise en marché du lait - l'organisation du lobbying (pression sur les politiques) - la transparence dans l'organisation - l'organisation rationnelle de la collecte, domaines dans lequels les organisations de producteurs possèdent de vrais moyens et de vraies compétences.
ardennais
le 20 Janvier 2010 15h36
l union des producteurs agricoles du québec APU www.youtube.com/watch?v=YoMA1JkV-fI&feature=player_embedded